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Art déco, art mural

Simone s’inscrit dans l’atelier d’art monumental de Jean Souverbie, ancien atelier d’art sacré de Maurice Denis dont il fut l’élève ...

Jean Souverbie est un grand admirateur de Braque, Simone aussi. En se détachant de l’art sacré, l’atelier d’art monumental va s’ouvrir à l’art de la rue et de la ville et c’est ainsi que l’on verra dans les années 50 et 60 des fresquistes de l’atelier de Jean Souverbie travailler pour des écoles maternelles, des crèches ou des grands ensembles. Là, Simone Baltaxé renoue avec la problématique d’un art destiné au plus grand nombre et qui se doit, si ce n’est de changer la vie, du moins d’améliorer celle de tous. Cet atelier est au cœur des réflexions auxquelles sont alors confrontés les jeunes artistes du fait de la destruction par la guerre des villes et monuments et de l’altération du sens même de l’œuvre d’art par la barbarie nazie. Hors des salons bourgeois et des musées et surtout en rupture délibérée avec un art officiel et idéologique, il s’agit de trouver de nouvelles formes, un nouveau public. Les temps sont à l’engagement dans un pays où tout est à reconstruire, engagement pour un monde meilleur et plus juste, pour un monde de paix aussi et Simone Baltaxé est de ce compagnonnage.

Elle appartient à cette jeunesse intellectuelle et artistique profondément secouée et meurtrie par le nazisme et les lâchetés pétainistes et qui se sent responsable des temps à venir. Cette jeunesse de l’après-guerre se retrouve dans les cafés, croise artistes et écrivains, ici un Tzara, là Beckett ou Giacometti… Simone, avide de toutes les expérimentations qu’offrent théâtres, littérature, musique, est de ce temps où l’on se rencontre et où l’on parle, où l’on va dans les galeries, au cinéma… Elle fréquente la Maison de la pensée française, où l’on croise Elsa Triolet, Louis Aragon, Jean Lurçat…
Les galeries de ce Paris encore cosmopolite exposent André Lanskoy, Serge Poliakoff, Serge Charchoune, Nicolas de Staël, Alicia Penalba, Vieira Da Silva, Hans Hartung, Camille Bryen…

Nombreuses sont celles qui ouvrent, offrant leurs cimaises à l’émulation
de toute une jeunesse assoiffée de recherches, d’idées. Les critiques discernent dans cette génération une nouvelle École de Paris : coloristes pour la plupart, ils ont assimilé les recherches de la modernité et refusant les diktats des « ismes » : dadaïsme, surréalisme, futurisme et autres…, comme les peintres de la génération précédente : Bazaine, Estève, Lapicque, Singier…, ils proposent des paysages, scènes d’intérieur, voire natures mortes entre abstraction et figuration. La génération de Simone est encore fortement marquée par l’influence d’un cubisme domestiqué à la Lhote comme en témoigne Le Marché aux Bestiaux de 1950 exposé à la Galerie La Demeure. Très présente comme c’est encore l’usage dans les Salons – Salon des jeunes peintres, Salon d’automne, des indépendants – elle refuse cependant d’exposer au Salon des artistes femmes et sculpteurs, se revendiquant avant tout « artiste » et non « femme dans l’art ». Simone écarte également les natures mortes, comme si s’astreindre à l’objet équivalait à soustraire l’humain de la peinture.

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14 juillet
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